Depuis treize ans, le journal Quinzaines poursuit la publication de l'ancienne Quinzaine littéraire de François Erval et Maurice Nadeau, journal mythique du siècle dernier...
Nous publierons désormais à échéance régulière une synthèse de son activité.
Les vingt-quatre derniers mois ont été périlleux, mais le journal se renouvelle sans cesse.
Difficultés de recrutement pour le poste de correction en 2024 et début 2025
La périodicité des Quinzaines est théoriquement mensuelle. La formule d'abonnement prévoit que l'abonné(e) reçoive 9 numéros par an et nous avons pu tenir ce rythme en 2025 (8 parutions dont un numéro double de 40 pages, le numéro d'archives 1269/1270).
Mais seulement sept numéros avaient pu paraître pendant l'année 2024, ce qui a généré une perte de volumes des ventes de 15 %. Quelques années après la défection du correcteur historique du journal, son successeur a choisi de s'engager dans des projets plus personnels et de suspendre son travail avec nous. Recruter dans l'urgence fut une gageure, notamment en raison de la baisse de niveau des correcteurs professionnels (échec de la collaboration avec Catherine Meeùs, à la suite d'erreurs non reconnues par elle*). L'exigence de rigueur n'est pas négociable dans la presse littéraire. Trouver des fautes dans une Quinzaine n'est guère plus concevable que d'en trouver dans le dictionnaire Larousse...
Depuis la mi-2025, l'équipe de fabrication est à nouveau stable autour de Laurent Grolleau et Margot Dupuis. Le retour au rythme normal de parution fut une grande source de satisfaction. Le soutien que le Centre national du Livre (Ministère de la Culture) nous a octroyé fut à cet égard très précieux, et même déterminant**.
La presse littéraire évolue dans un équilibre toujours plus fluctuant. Il est soumis à plusieurs contraintes d’ordre macro-économique dont la hausse du coût des matières premières (notamment le papier et les encres) et les hausses de prix récentes sur les énergies hydrocarbures qui pèsent sur la logistique de diffusion.
La modification des règles d'expédition vers les États-Unis a eu une incidence défavorable sur les coûts d'expédition vers les bibliothèques américaines. À cela s'ajoute que la Poste a supprimé le tarif réservé aux éditeurs indépendants concernant les expéditions de livres et de magazines à l'international.
Pour tenter de pallier la marginalisation inéluctable des kiosques en France, un partenariat avec la librairie Compagnie est en cours de réflexion et sera annoncé en fin 2026.
Maintenir en vie un périodique qui parle de livres à l'heure des "agents conversationnels" semble tenir du petit miracle quotidien. Pour l'instant, les Quinzaines résistent bien.
Éditorial
En 2025, l'orientation éditoriale est inchangée mais le journal a accueilli deux nouvelles plumes :
La psychanalyste Flavia Goian, également traductrice littéraire, est désormais une contributrice très active des rubriques de psychanalyse et littérature (notamment étrangère).
Christophe Solioz, enseignant de philosophie, a rejoint la direction éditoriale. Il participe à la mise en place de nouveaux projets tant sur le plan éditorial que sur celui des partenariats.
Nous prévoyons pour novembre 2026 un numéro double (40 pages) consacré à la littérature triestine, intitulé " Trieste littéraire ". Un des objectifs est d'élargir l'horizon (ne pas se limiter à Svevo, Magris, Saba, Rumiz) et d'exploiter notre fonds d'archives : 10 à 12 textes seront issus des archives, 14 à 16 seront issus de nouveaux articles avec 9 recueils de poèmes et le reste de romans/récits. Parmi les signatures : Pietro Milli, Laurent Feneyrou, Mathias Rambaud, Michel Valensi, Giuseppe Samona, Alessandra Locatelli, Nenad Stojanovi, Igor Fiatti, Stephan Martens, Jean-Arnault Dérens et Evgen Bavar (pour ce dernier, il s'agit d'un ancien collaborateur de "La Quinzaine littéraire", célèbre philosophe-photographe slovène, ami de Boris Pahor mais aussi de Kundera, vivant entre Paris et la Slovénie). Sa présence donnera à notre hors-série une crédibilité du côté slovène.
L'Alliance française et le musée "Letteratura Trieste" (donc la ville de Trieste) seront les partenaires d'une rencontre à la librairie UBIK (située dans la galerie Tegersteo – lieu central de Trieste) pour présenter cette parution et mettre à l'honneur les auteur(e)s et leurs textes.
Un événement parisien sera planifié dans le prolongement de l'opération triestine. Nous envisageons pour l'accueillir l'une des librairies spécialisées sur la littérature italienne, avec laquelle nous sommes déjà en relation, la Tour de Babel (Paris 4ᵉ).
Avant tout, nous souhaitons persévérer dans notre vocation : soutenir les éditeurs indépendants en leur accordant une place de choix dans nos pages, faire contrepoids à la tendance des médias (presse écrite et chaînes de radio) à s’intéresser en priorité (ou exclusivement) aux catalogues des grandes maisons d'édition. Et nous entendons poursuivre avec la même régularité les chroniques consacrées à la poésie et au théâtre. Soutenir la poésie et les poètes est la raison d’être d'un titre de presse comme le nôtre.
Patricia De Pas,
directrice de la publication
