Avoir quatre ans
Dès mon réveil, j’apercevais par la fente des volets mi-clos le miroitement vert et doré des feuillages qui ombrageaient la propriété des Granchay, séparée de notre jardin par un étroit passage reliant aussi notre rue à celle de la Gare. Pour gagner du temps, maman l’empruntait volontiers et je m’y faufilais à sa suite, entre les murs et les haies qui le bordaient et le transformaient en un petit canal creusé dans la verdure, plein de fraîcheur et de mystère, où l’on ne pouvait avancer qu’à la queue-leu-leu. J’exultais toujours de m’y sentir seu...

Commentaires (identifiez-vous pour commenter)