Sur le même sujet

Jean-Pierre Martinet : l’effacement volontaire

« Être absent au monde, quel bonheur ! » Si l’on en croit Gérard Guégan, qui fut l’éditeur de son deuxième roman, Jérôme, paru en 1978 aux éditions du Sagittaire, c’est par ces mots que Jean-Pierre Martinet (1944-1993) tourna le dos à son emploi à la télévision mais aussi à Paris, pour retourner vivre pour quelques mois chez sa mère, à Libourne. Cet effacement volontaire, associé au découragement et à la résignation, ont transformé Martinet en fantôme, en grand oublié de la littérature française, participant au fait que son oeuvre littéraire elle-même s’est retrouvée, de longues années durant, effacée des mémoires et inaccessible au public.

Cette œuvre si particulière se situe aux limites : du monde social, du langage articulé, de l'identité stable. Plutôt que de représenter la chute ou d'en proposer une analyse, l'écrivain adopte le point de vue de personnages déjà fragilisés, pour qui la vulnérabilité constitue non pas un accident mais une condition de départ. Ces personnages ne luttent pas, ne cherchent pas à surmonter leur situation. Ils persistent, par épuisement ou par défaut d'alternative, parfois simplement parce que l'existence continue. Cette existence se caractérise par son ancrage dans un présent immédiat, ...

La lecture des articles est réservée à la souscription d‘un abonnement spécifique
La lecture de cet article est soumise à la souscription d'un abonnement. Si vous possédez un abonnement, merci de vous connecter ci-dessous. Si vous souhaitez vous abonner, nous vous remercions d'utiliser un ordinateur plutôt qu'un téléphone ou une tablette

Vous êtes abonné(e)

Identifiez vous

Pas encore abonné(e) ?

Abonnez vous

Choisissez votre formule d'abonnement et accédez à La Quinzaine

Vous aimerez aussi