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 Pour Thomas Dommange, l’antagonisme prétendu qui opposerait la liturgie et le spectacle n’est pas tenable : « les deux pentes inverses du spectacle et de la liturgie ne cessent de nous ramener l’une à l’autre ». Par le « tissage singulier » qu’elle opère entre les deux, la Passion selon saint Matthieu de J.-S. Bach en est le témoignage.
Thomas Dommange
Instruments de résurrection. Etude philosophique de la Passion selon saint Matthieu de J.-S. Bach

Composée pour l’office du Vendredi saint (et donnée la première fois en 1727 en l’église Saint-Thomas de Leipzig), la Passion selon saint Matthieu appartient de fait à la liturgie. Mais certains de ses traits l’apparentent au genre de l’opéra baroque. Ces deux liens sont complémentaires selon l’auteur, la liturgie et le spectacle répondant au même appel : tous deux doivent mener au salut, « procurer aux fidèles ou aux spectateurs un corps immortel et glorieux » (pour la théologie, le corps « glorieux », c’est le corps d’après la résurrection). La Passion réalis...

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