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Idéaliste et solitaire

Jean-Pierre Armengaud, à la fois pianiste et musicologue, connaît Satie en profondeur (il a enregistré l’intégrale de son œuvre pour piano). Il lui consacre aujourd’hui une monographie de haut vol, qui enchâsse l’étude des œuvres dans celle de la vie.

Dans le cas de Satie, nous dit Armengaud après d’autres biographes, on ne peut séparer l’homme et l’œuvre, qu’ensemble un mot résume : l’humour. Pas seulement bien sûr le goût pour le trait d’esprit (« Un domestique prend ma température et m’en donne une autre »), mais l’humour dans la définition qu’en retient André Breton (préface de l’Anthologie de l’humour noir) : une révolte supérieure de l’esprit. Chez Satie, la propension à l’humour est favorisée par le milieu (ascendance anglo-normande, père original, oncle hurluberlu notoire) et « aggravée » par une se...

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