Mon père, qui avait étudié le violon dans les années vingt, l’avait recueillie dans son bagage musical, à côté de pages comme Les Préludes de Liszt ou la Pavane pour une infante défunte de Ravel. Il aimait fredonner son thème en sol majeur tout en mimant un vibrato exagéré, expressionniste.
Lorsque, à dix ans, je l’ai entendue pour la première fois, je n’avais pas cherché à me procurer le disque, elle figurait au verso de la Cinquième de Beethoven. Intimidé et comme à distance, sans en être spécialement ému ou séduit, je l’ai écoutée en entier ...

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