La période présente n’est pas favorable à Sartre à qui l’on impute nombre d’errements politiques, et notamment son compagnonnage avec le Parti communiste. Récemment encore, on s’est fait un malin plaisir d’opposer à la lucidité camusienne les cécités sartriennes. En vérité, Sartre a été discuté, souvent contesté, parfois insulté. À la Libération, les communistes l’abreuvèrent d’injures, Céline et Claudel ne furent pas en reste. On parla d’« excrémentialisme », des termes orduriers furent lancés.
Les Mots et autres récits autobiographiques
Mais des hommes, comme Sartre, qui ont exercé un tel magistère sur la philosophie et la littérature, doivent-ils être jugés sur les réactions d’une intelligentsia ralliée au libéralisme et d’une presse qui n’a de libre que le nom. Mais, actualité oblige, après avoir célébré Camus, on consacre à Sartre quelques numéros spéciaux, à l’occasion de la parution en Pléiade des Écrits autobiographique.
Outre Les Mots, ce volume imposant donne à lire les Carnets de la drôle de guerre, augmentés de textes annexes, La Reine Albermarle, des let...
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