Le sens d’un centenaire Le 21 mai 2011, Maurice Nadeau aura cent ans. On a souhaité à notre manière fêter l’événement en demandant à nos contributeurs de dire ce que Nadeau représentait pour eux, comment il est intervenu dans leur vie et comment il a modifié leur vision de la lecture et de la littérature. Nous avons voulu que cet hommage soit le plus pluriel possible. Chacun des quinze collaborateurs de ce cahier spécial a raconté son approche de Nadeau, existentielle et intellectuelle tout à la fois. Sociologues, poètes, écrivains français et étrangers, professeurs émérites et amis, tous ont exprimé librement leur sentiment. Il fallait rappeler le sens des combats de Maurice Nadeau et ses efforts incessants pour préserver l’indépendance, la qualité, la rigueur et la probité des Lettres Nouvelles et de La Quinzaine littéraire, qui ont pu parfois être menacées. Rien de plus beau dans la vie, comme le disait Stendhal, que de faire de sa passion son métier. Contre vents et marées, Maurice, tu l’as fait, et si des circonstances heureuses y ont contribué, tant mieux. Omar Merzoug
Le 5 septembre 1953 Beckett écrit à Maurice Nadeau, en le remerciant avec émotion pour son article qui, dit-il, lui a donné – à un moment où « mon travail ne valait plus rien » – le désir « d’essayer encore », ce qui montre « la mesure de ce que vous me donnez ». C’est un témoignage extraordinaire – mais pas unique – que tant d’auteurs, aussi grands et moins grands que Beckett, lui doivent pour la façon dont il a éclairé leur écriture et leur chemin.
Peut-on écrire sur Maurice Nadeau ? C’est lui qui écrit sur nous, en nous ...
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