Un « contemporain capital » : la formule d’André Rouveyre à propos d’André Gide pourrait tout aussi bien s’appliquer à André Malraux, tant son œuvre s’est fait l’écho d’un siècle traversé par la tourmente et le tragique de l’Histoire. Avec une exigence de lucidité mêlée d’idéalisme exalté, et un souci d’engagement dans l’action – autant combattante que politique –, Malraux a montré une rare capacité à transformer en enjeux esthétiques les débats de son siècle, tout en faisant de la littérature le lieu d’un questionnement angoissé sur la condition de l’homme. L’écrivain Malraux n’est certes qu’une facette d’un personnage multiple, complexe, et à bien des égards énigmatique. Mais c’est tout de même dans ses textes qu’on peut le mieux le saisir. La chance en est offerte par le volume que publie la Pléiade à l’occasion du quarantième anniversaire de la mort de l’écrivain, et qui réunit un choix de ses textes parmi les plus significatifs.
La condition humaine et autres écrits
Les Œuvres complètes de Malraux occupent six volumes dans la Pléiade, rassemblant romans, écrits sur l’art et essais. L’intérêt de ce dernier volume, anthologique, est de présenter un condensé de cette œuvre abondante, au lyrisme parfois effusif, en en faisant saillir les aspects les plus variés et parfois méconnus. Si La Condition humaine a été retenue comme titre générique (et non pas L’Espoir, ici absent, bien que peut-être plus étonnant et littérairement plus audacieux), c’est parce que ce titre, paru en 1933 et salué par le prix Goncourt, formule sans dout...
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