Au cours de la Première Guerre mondiale, les bruits et la fureur affolent les humains ; ils les découragent. Dans leurs lettres, les soldats écrivent : « Jamais nous n’avons entendu tant de bruit. On est complètement abruti par la multiplicité des détonations qui n’arrêtent ni jour ni nuit et qui finissent par vous ébranler la tête. » Pour les artilleurs, la perforation de tympan était une sorte de baptême. Ernst Jünger note : « Après un gargouillement infernal, l’obus explose, foudroyant, volcanique, assourdissant, au point que chacun a le sentiment d’av...
La guerre comme une machine de bruits
Article publié dans le n°1103 (16 avril 2014) de Quinzaines

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