C’est à travers la confrontation avec Nietzsche que Foucault aura construit sa propre manière de philosopher. Les Cours, conférences et travaux récemment publiés par l’EHESS sont indispensables pour comprendre comment Foucault a lu Nietzsche, en particulier au moment décisif où il le découvre. Ils sont aussi l’occasion de revenir sur le travail de Jacques Bouveresse (1940-2021).
S'appuyant sur une lecture systématique de Nietzsche et notamment de ses Fragments posthumes (souvent négligés), Jacques Bouveresse a montré à quel point des philosophes tels que Foucault ont réquisitionné Nietzsche pour en faire le chantre d'un « tenir pour vrai » qui n'aurait eu cure d'une vérité objective. Les mêmes ou d'autres, en effet peu soucieux de vérité, ont occulté que Nietzsche était un farouche adversaire de l'égalité, pour en faire un « penseur de gauche ».
Nietzsche contre Foucault : sur la vérité, la connaissance et le pouvoir
(
Agone)
Foucault ou les limites de la philosophie
(
Minuit)
J'ai lu Nietzsche contre Foucault. Sur la vérité, la connaissance et le pouvoir, après avoir moi-même écrit et publié Nietzsche lecteur de Heidegger[1]. Si je le mentionne, c'est parce que j'ai jubilé à la lecture de Bouveresse, qui s'en prend à Foucault mauvais lecteur de Nietzsche, de même que Heidegger a fabriqué un Nietzsche à sa main, le caricaturant fortement afin de se faire passer pour son meilleur et ultime successeur.
Cette correspondance m'a autorisé à prendre une liberté que j'évite habituelle...
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