Philologue, linguiste et grammairien, Jean-Claude Chevalier est l’auteur d’une thèse de doctorat sur la Naissance de la notion de complément dans la grammaire française (Droz, 1970). Il appartient à cette génération de philologues qui, à l’orée des années 1960, ont découvert la linguistique comme Moïse la Terre promise. Dans un entretien qu’il a bien voulu accorder à La Quinzaine littéraire, Jean-Claude Chevalier revient sur les étapes de son parcours et répond aux questions que pose l’irruption d’une science du langage qui a eu l’ambition de servir de modèle épistémologique aux sciences humaines.
Combats pour la linguistique de Martinet à Kristeva
Omar Merzoug – Si j’en crois votre bibliographie, vos premiers travaux portent sur la grammaire, vous êtes en effet l’auteur de La Grammaire (Klincksieck) en collaboration avec Michel Arrivé et de la Grammaire du français contemporain (Larousse, 1965). Ma première question est celle-ci : comment êtes-vous devenu linguiste ?
Jean-Claude Chevalier – La réponse ne va pas de soi. Enseignant en lettres, j’avais fait des études de philologie qui se distinguaient nettement des études linguistiques jusque...
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