Du récit fantasmatique au récit d’apprentissage

Donner une trentaine d’années plus tard une suite à La Grande Beune (1995), le récit probablement le plus romanesque de Pierre Michon, était risqué : comment sans se renier éviter l’impression d’immobilisme stylistique, narratif, voire d’autoparodie ? Les Deux Beune, publié aujourd’hui avec une deuxième partie inédite, La Petite Beune, répond magistralement à ces questions en nous offrant un récit d’une cohérence forte, renouvelée, décisive.
Pierre Michon
Les Deux Beune

La Grande Beune, c’était le récit de l’arrivée d’un enseignant débutant en 1961 à Castelnau, bourg de Dordogne non loin duquel coulent les deux Beune, cours d’eau charriant dans leurs profondeurs ces créatures mythiques et hautement convoitées, esturgeons ou brochets, chimères en tout genre. Rêvant fréquemment, violemment de devenir l’amant d’Yvonne, la buraliste du bourg, l’instituteur n’échange pourtant avec elle pas plus que les quelques mots nécessaires pour acheter ses cigarettes ou le journal. Mais c’est une femme fardée, bijoutée, haut-talonnée, terriblement attirante. On...

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