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Une poésie sans illusions

Abdellatif Laâbi n’est pas un nouveau venu dans le paysage de la poésie palestinienne. Depuis sa première anthologie de « la poésie palestinienne de combat » en 1970, le poète marocain n’a cessé de bâtir un pont entre les rives francophones et les voix arabes palestiniennes. Cinquante-cinq ans plus tard, avec cette « Anthologie de la poésie palestinienne contemporaine », co-dirigée par Yassin Adnan, Laâbi ne se contente pas d’actualiser un corpus : il transforme l’anthologie en un geste critique et politique.
Abdellatif Laâbi
Yassin Adnan
Anthologie de la poésie palestinienne contemporaine

L’introduction de l’anthologie pose d’emblée son enjeu : rompre le silence. Laâbi, qui a connu l’engagement des grandes figures historiques comme Mahmoud Darwich ou Samih al-Qassim, tourne ici son regard vers une génération nouvelle, née entre 1974 et 1998, éclatée entre Jérusalem, Gaza, Ramallah, ou encore le Canada, la France, l’Irlande... « Fait rare dans l’histoire de la littérature, le nom d’un pays, la Palestine en l’occurrence, est devenu en soi une poétique », avance l’anthologiste. 


La...

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