« Ce qui entend le plus de bêtises dans le monde est peut-être un tableau de musée », affirmaient les Goncourt. Comment en effet parler avec justesse de l’art ? Peut-on l’indexer sur la quête exclusive du Beau, ou vise-t-il, plus largement, à produire une expérience sensible ? Et dans la diversité des modalités et finalités qu’on peut lui reconnaître, quelle part accorder à l’esthétique telle qu’elle s’est constituée à partir du XVIIIe siècle, quelle importance reconnaître à l’émotion visuelle du spectateur, sans oublier les réflexions tirées de la pratique même de l’artiste ? Toutes ces questions forment le soubassement et la ligne d’horizon du dernier livre de Jacqueline Lichtenstein.
Les raisons de l'art. Essai sur les théories de la peinture
Cet ouvrage est à la fois un livre de spécialiste, nourri par une profonde connaissance de tout ce qui concerne notamment les théories de la peinture à l’époque classique, et un pamphlet assez virulent dirigé contre le monopole du discours sur l’art que semble s’être arrogé la philosophie depuis le XVIIIe siècle.
La charge est féroce, et d’une vigueur qui tranche avec l’urbanité des habitudes universitaires. Elle-même philosophe de formation, Jacqueline Lichtenstein n’hésite pas à écrire que l’esthétique est devenue le plus souvent un « asile de l’ignorance
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