Directeur de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales, Marc Ferro s’est spécialisé dans l’étude de la révolution russe et de l’URSS, mais on sait peu qu’il a vécu en Algérie l’agonie du colonialisme français et qu’il s’est intéressé à la résurgence politique de l’islam. Dans la première partie d’un long entretien exclusif à La Quinzaine littéraire, il tire les leçons de son parcours dans l’Algérie des années 1948-58.
Histoire des colonisations, des conquêtes aux indépendances, XIIIe-XXe siècle
(
Seuil)
Omar Merzoug – Marc Ferro, vous avez publié récemment une Histoire de France (Odile Jacob), écrire une histoire de France aujourd’hui revêt quel sens pour vous ? Que vouliez-vous montrer ou prouver ?
Marc Ferro – Je ne voulais rien prouver ni montrer, autrement je serais tombé dans les travers que j’ai condamnés autrefois quand j’ai commencé ma carrière d’historien. Mais ce que j’ai voulu essayer d’approcher, c’est une histoire qui confronte constamment les mythes, ce que la plupart des gens saven...
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