Le hasard veut que la traduction française du dernier roman de Walter Siti, centré sur le monde des "borgate" romaines, coïncide avec l’exposition parisienne du Petit Palais consacrée aux bas-fonds (également romains) du Baroque. À Rome, au XVIIe siècle, et jusqu’au XIXe, époque où Giuseppe Belli la chanta si bien, la pègre était en grande partie réunie dans le quartier du Trastevere. La « malavita » était faite de rixes, de jeux aux dés pipés, de la fréquentation des prostituées, et d’une forte consommation de vin. La vision de Walter Siti nous montre à quel point ces formes d’évasion ont évolué.
Après la Seconde Guerre mondiale, Rome s’est étendue dans la périphérie, mais de façon désordonnée et illégale : les maisonnettes et les petits immeubles, bâtis sans permis de construire sur la terre de personne, ne sont pas reliés aux réseaux de gaz, eau et électricité. Les habitants de ces constructions rudimentaires et inconfortables ne sont évidemment pas le dessus du panier. C’est le monde décrit par Pasolini (à qui Siti a consacré un essai) dans la plupart de ses romans et dans le film Mamma Roma. Depuis, plus de cinquante ans ont passé, et tout a encore changé.
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