Laurent Binet, dans son dernier roman « Civilizations », a raconté une histoire renversée de l’Europe. Vers l’an mille, la fille d’Erik le Rouge met cap au sud ; en 1492, Christophe Colomb ne découvre pas l’Amérique et, en 1531, les Incas envahissent l’Europe, où ils ont trouvé les guerres, la misère, l’Inquisition espagnole, la Réforme de Luther… Dans cet entretien, l’auteur éclaire la gestation de ce roman, la naissance du capitalisme et le problème du genre de l’épopée en littérature.
Velimir Mladenović : Comment la nouvelle « L’oranger » de Carlos Fuentes a-t-elle influencé votre travail sur ce roman ?
Laurent Binet : Je travaillais déjà sur mon roman lorsque j’ai découvert la nouvelle de Carlos Fuentes sur la conquête du Mexique, et le fait qu’il fasse envisager par l’un de ses personnages la possibilité d’une conquête à l’envers m’a évidemment fait sourire. Au-delà de cela, cette nouvelle a contribué à me faire percevoir le rôle pr...
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