Depuis que Baudelaire a fait un concept esthétique de ce néologisme (qu’on rencontre auparavant chez Chateaubriand), la « modernité » n’a cessé d’alimenter la réflexion des auteurs, critiques et théoriciens de la littérature. Devenue accroche publicitaire et médiatique, la notion s’est galvaudée au point de perdre toute pertinence distinctive. Le livre de Jean-Pierre Bertrand vient heureusement rappeler ses origines et son histoire, à partir de la notion d’invention, qui permet d’éclairer les inflexions de la littérature moderne depuis le XIXe siècle.
Inventer en littérature. Du poème en prose à l’écriture automatique
La recherche de Jean-Pierre Bertrand procède de cette question initiale : « si l’on invente en science, que signifie le processus en art et plus particulièrement en littérature ? ». Selon une démarche méthodique, l’auteur interroge d’abord le concept d’invention, et ses caractéristiques particulières – notionnelles et historiques – dans le champ de la littérature, avant de passer en revue les cinq inventions qui, selon lui, ont marqué successivement la modernité littéraire : le poème en prose, le vers libre, le monologue intérieur, le calligramme et l’écriture automatique.
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